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21 avril 2012 6 21 /04 /avril /2012 16:18

1- Carnets portugais / La route

En famille, à cinq dans notre vieux fourgon Ford, à s’arrêter n’importe où, en pleine nature comme sur la place d’un village, la route est à nous. So, let’s go…

 

2- Carnets portugais / Le porto

A un euro quatre-vingt de chez LIDL. Pardon aux amateurs de vin, c’est sûrement quelque peu insultant ce que je vais écrire et je ne devrais d’autant pas l’écrire après avoir lu « Les ignorants » de Davodeau mais bon, je le suis, ignorant, justement donc bon tant pis… Nous ne l’avons pas trouvé mauvais ce petit Porto !!!

 

3- Carnets Portugais / Le berger

Quelques minutes, le temps d’un court échange mais ça fait du bien.  Nous nous installons à la sortie d’un village (maisons blanches, jaunes et bleues, on est dans l’Alentejo) dans un champ près du campo de futebol. Ciel bleu, coucher de soleil, soupe, lecture, chanson, dodo. Tôt le matin, des sons de cloches se rapprochent de nous, je sors prendre l’air, quelque peu dans le brouillard, une trentaine de moutons broutent le pré autour du camion. Je souris au berger et lui demande si on dérange. Un regard bienveillant, un sourire (si je dis édenté, c’est cliché et c’est faux donc une dentition solide et charpenté non mais !!!), quelques mots bredouillés en espagno-portugais… « Profitez les jeunes, le spectacle est gratuit !!! »


4- Carnets Portugais / Le beau temps

Parce qu’il n’a pas été beaucoup là et du coup, il faut le célébrer… En chansons ça va de soi...

Aujourd’hui il a fait beau

Sur les collines de l’Alentejo

Ça change l’humeur d’un voyage

Quand le ciel est sans nuage

Oh les pasteis de natas

D’un coup le soleil sur les terrasses

Oui le temps lentement passe

Les maisons blanches sont à leur place

Oui aujourd’hui malgré le vent

Il a fait beau sur l’Alentejo

On s’est assis sur un banc

Puis on s’est envoyé un petit porto

On était même un peu ivre

Dans les rues d’Evoramonte

Ça doit être cela la douceur de vivre

Amour, nous nous sommes tant aimés

Oui aujourd’hui il a fait beau

Sur les collines de l’Alentejo 

 

5- Carnets Portugais / Les chinois

Ils sont installés dans toute les villes et tous les villages que nous avons traversé. Mais là où en France, l’appellation « Made in China » n’est pas du meilleur effet, ici, elles semblent des plus assumées et les devantures des magasins affichent fièrement « Chinese boutik » ou « Stop China Shop ».  Des petits lampions rouges à caractères jaunes encadrent la porte et là, à l’intérieur, de vraies cavernes d’Ali Baba (version pékinoise sous titrée en portugais !!!). On trouve de tout et de rien, d’habits importables que je porterais bien à d’inutiles ustensiles de cuisine vite indispensables si on en a l’usage en passant par des gonfleurs à vélos ou autres nattes en bambous… De vraies brocantes kitsch !!! On est vite devenu des adeptes de ces boutiques et même si je sais que je vais regretter d’avoir écrit ça sachant les conséquences de la mondialisation sur l’économie européenne voire internationale, ben vive la Chine au Portugal !!!

 

6- Carnets Portugais / Dans un rêve

Allez une petite chanson écrite au matin … sur la place d’une église… L’enregistrement fourmille de bruits parasites mais comme ils ont leur charme, j’ai tout laissé.

Dans un rêve

Je me lève

Je suis un petit enfant

Je me rends

A l’église

Je suis en bras de chemise

Je vais communier

Au poignet

Une gourmette

Elle est dorée ma gourmette

Je suis gay

Je le sais

Je reçois une bible, une icône

Mon père est aphone

Ma mère passe de table en table

Elle arbore son sourire impeccable

Moi avec mon aube de communiant

Je suis un petit garçon charmant

(tadada…)

Mais non je suis

A l’école

Que fais-je ici ?

Suis-je folle ?


7- Carnets Portugais / Didier, linguiste autodidacte

A part l’anglais que je maîtrise très moyennement, j’avoue être assez médiocre en langue. J’avais un bon niveau d’espagnol au lycée mais l’absence d’entraînement m’a fait tout perdre. Je me promets chaque année de m’y remettre mais chaque année ne m’y remets pas. Je suis désolant. Aussi, n’étant pas d’un naturel très entreprenant, par timidité mais  aussi je l’avoue par orgueil, je reste en retrait et les échanges en voyage avec les locaux demeurent à mon goût souvent trop brefs.

Il s’agit donc ici de rendre hommage non aux polyglottes qui n’ont après tout que le mérite du travail mais à une autre catégorie de personnes bien plus enviables et que j’avoue jalouser un peu… J’ai nommé « les joyeux fonceurs » :

Après quelques jours de périple sur les routes de l’Alentejo, nous retrouvons Didier, un copain, en Algarve (côte sud du Portugal, l’équivalent de notre côte d’azur). Didier ne parle pas le portugais et son niveau d’espagnol (qui rappelons-le n’a pas grand-chose à voir avec le portugais) est proche de celui d’un berger irlandais s’essayant au mandarin. Seulement voilà, Didier s’en fout… Et ça change tout !!!

Il y va franco (ce qui n’est pas peu dire en Espagne (sic) !!!) et je constate avec bonheur et stupeur que cela fonctionne à merveille.

En quincaillerie, pour du scotch (l’adhésif, pas le whisky !!!), « quiero scotch por favor » moulinant des bras histoire de mimer l’emballage d’un cadeau et claquant de la langue pour signifier la découpe et la pose de l’adhésif sur le papier… Ni une ni deux, on lui apporte son scotch. Scotchant !!!

Au restaurant, moyennant patience et bonne humeur, ‘una asieta de saucisa » (si si je vous assure !!!) se transforme effectivement en moins de quelques minutes en « assiette de saucisses » (pour les frites, aucun mérite, patatas fritas fonctionnant sans souci !!!).

Et ainsi de suite au bar tabac, à la station essence ou au supermercado… Didier provoque le dialogue, parfois fantasque, souvent hilarant et s’il n’obtient pas cent pour cent des réponses à ces requêtes, qu’importe, il avance. Formidable !!!

S’impose alors pour moi une nouvelle devise : « Pour demain, plus de pâles hésitations, joyeusement fonçons !!! »

 

8- Carnets Portugais / pyjamas et parcs de jeux

C’est l’activité principale de nos fins d’après-midi. Trouver un emplacement avec un parc de jeux histoire de défouler les enfants avant la nuit et de les occuper au matin…

Un soir, en route vers le sud, décidant de nous installer sur Serpa (murs blanchis à la chaux, citronniers, orangers, collines d’oliviers et LA spécialité locale, les queijadas, de délicieux petits gâteaux au fromage frais), au détour d’une rue, nous faisons une belle trouvaille :

Un petit parking tranquille, près d’une jolie pelouse et d’une structure richement équipée (toboggan, balançoires, pont de singe, mur d’escalade et bascules sur ressorts), le tout en face d’un collège de campagne, vide à cette heure-ci ça va de soi.

Nous préparons le dîner, les enfants jouent , repas, la nuit tombe, extinction des feux.

A l’aube, Noé, notre grand, sort du camion pour son pipi du matin. Je le suis du regard par la fenêtre, rideau entrouvert. Il est 8h30 et les collégiens débarquent. Et voilà notre bon Noé, pieds nus, bas de pyjama et vieux tee-shirt délavé, en train de courir sur l’herbe… Regards à droite, regards à gauche, urine contre un arbre et fonce au toboggan. Une professeur embauchant le hèle de loin en portugais (je comprends en gros) « que fais-tu là dans cette tenue ? Tu n’es pas à l’école à cette heure-ci toi ? ». Effrayé et ne comprenant pas ce qu’on lui dit, Noé file en courant vers le camion, ouvre la porte coulissante et se glisse dans sa couchette. Huckleberry Finn remontant dans son arbre.

 

9- Carnets portugais / Hospitalité (No)

Une rue poussiéreuse dans un petit village perdu au cœur de la Serra de Sao Mamede, en Alentejo. 

Fenêtre ouverte, carte en main, «Castelo de Vide, por favor ? »

Châle noir, robe noire, souliers noirs, le regard fuyant, la tête baissée, la vieille dame sur le trottoir nous ignore. Son mari, depuis l’habitacle de sa toute petite automobile garée devant chez lui nous toise avec défi. Il lève son bras en notre direction, balance son index de gauche à droite, lentement mais fermement. « NO !!! ».

 

10- Carnets portugais / Hospitalité (Si)

Carrières de marbre, Vila Viçosa, palais ducal, promenades ombragées parmi les orangers.

« Cueillez des oranges les enfants allez-y, cueillez !!! »… Une dame d’un cinquantaine d’années nous sourit… « Vous venez de France ? », « Où habitez-vous ? », « Ah sur la côte !!! », « J’ai vécu à Paris il y a trente ans, formidable, formidable », « Vous voulez un sac pour les oranges, tenez », « Tenez les garçons, celles-ci sont très bonnes !! » « Et la petite en veut aussi ? Oh elle est mignonne !!! »,  « Allez bonne visite, oui passez au château, ça vaut vraiment le coup et le palais bien sûr », « Bon voyage ».

 

11- Carnets Portugais / la route (bis)

Au final, on a beaucoup roulé, peut-être trop sur un court laps de temps, ça fatigue, ça pleure, ça crie, ça râle certes certes… Mais, car il y a un mais, il y a le reste, tout le reste…

Dans le doute et histoire d’en savoir un peu plus sur ce qu’on ne sait pas, je ne me fais pas de souci pour la suite, dès que possible, on y retourne… Là ou ailleurs.

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Published by monsieurpyl - dans Carnets du monde
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commentaires

Pyl 02/05/2012 18:36

Merci pour ce petit message et à bientôt donc pour de nouvelles aventures...

Le poil 27/04/2012 19:52

Tres bon ces petites anecdotes de voyage ... Merci Mr PYL pour ces quelques lignes rafraichissantes .

À plus dans le bus .

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