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13 juillet 2012 5 13 /07 /juillet /2012 15:56

On a quinze ans. On joue au bab'. De la main gauche, on lève les milieux pour tirer des arrières. Pas de roulettes. Deux points des demis. Shoot en diagonale. Cinquante centimes d'euros la partie et les règles qui nous reviennent en mémoire petit à petit. Les réflexes aussi. On va à la pêche histoire d'économiser une balle mais on aime autant ne pas avoir à y aller et entendre la balle claquer au fond du but. Un coup franc et direct, percutant... Et diablement jouissif. On est trois copains alors on se fait un petit tournoi avec revanche et belle. Et puis comme il se doit, un quatrième joueur commence par zieuter le baby puis s'invite et nous voilà partis pour une série de matchs en double. Sur les coups de onze heures trente, minuit, la rue se réveille, les jeunes sont de sortie, un son dancefloor sort des enceintes du bar, on est dans le jeu. On joue plus d'une heure et demi et on est bien. Trois heures plus tôt, nous hésitions à aller au cinéma mais aucun film ne nous bottait vraiment. Sans regret. On a improvisé la soirée et on a bien fait. On a quinze ans là, on tient les poignées du baby, on se charrie pour la forme. On n'est plus au lycée, on ne sèche pas le cours de physique, on a des cheveux en moins et des gosses à la maison mais on a quand même quinze ans, on a les paumes des mains rouges et moites parce qu'on est des champions du bab'. On en a passé des heures, 2 francs la partie, le vainqueur paie son coup. Nous menons plusieurs vies en une... Nous sommes aujourd'hui pères de famille, nous cultivons des potagers, voyageons un peu, courons, travaillons et faisons tourner la roue de la société... Seulement voilà, Nous savons malgré tout qu'il existe des passerelles et qu'en suivant au petit bonheur la chance les chemins du hasard, on peut revivre, le temps d'une soirée, une de nos vies anciennes, oubliées, dans nos mémoires ensevelies.

Oui, nous regardons les passants passer. Une petite fille laisse tomber sa boule de glaces par terre juste devant nous. Elle pleure et nous pensons tous au même moment que la mère pourrait soit demander une autre boule à la marchande, soit lui en payer une autre mais non, rien de tout cela, la boule est restée par terre et un petit garçon, cinq minutes plus tard a mis le pied dedans et il n'y a pas de moral à cela, comme il n'y a pas de sens à la vie. Mais nous regardons les passants passer puis nous entrons dans le bar, nous jouons au baby. Nous avons quinze ans et nous menons plusieurs vies.

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22 juin 2012 5 22 /06 /juin /2012 09:43

Dimanche dernier...

 

A moitié à poil dans le salon, nous dansons.

Sur Electric Guest, sur les Black Keys, sur Carl Mann.

Nous inventons des chorégraphies. Nous faisons des grands gestes avec les bras, des moulins, des vagues, des soleils. On marche comme des robots, comme des indiens, main devant la bouche, hache de guerre en main, comme des zoulous, sautillant d'un pied sur l'autre, appelant la pluie. On se prend la main et on marche puis court dans une prairie imaginaire. Et puis les bras tendus, on tourne sur nous-mêmes, tête en arrière, cheveux au vent, on est sur un manège. On rigole bien. Notre petite fille nous rejoint (les garçons sont chez les mamies), elle veut danser aussi. Alors nous dansons tous les trois, on essaie de suivre la musique mais ça n'est pas facile, elle veut tourner, tourner toujours plus vite. Il y a eu les élections ce soir et tellement qu'on s'en fout qu'on a oublié de regarder les résultats mais ça ne nous empêche pas de danser. On a de la chance de pouvoir danser comme ça et de s'abandonner et de s'oublier. Ca doit être important pour moi de m'oublier car j'écris souvent sur ça. Oui, bien sûr que c'est important, je le sais. Je ne m'abandonne pas assez, c'est pour ça. Mais j'apprends. Je danse dans le salon en attendant de maîtriser l'abandon. Je suis un novice dans l'abandon. Mais je n'abandonne pourtant pas, non. Je danse.

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15 juin 2012 5 15 /06 /juin /2012 14:19

J'avais écrit il y a un moment une chanson qui s'appelait "Il y a dans la vie des moments que l'on sait des plus importants" (publié sur le blog le 16 janvier 2011 pour les curieux)... Un titre quelque peu ironique... pour revenir là-dessus... Voici un petit résumé d'évènements incontournables dans la vie d'un homme ou de ces choses qu'on ne croyait pas qu'on serait amené à faire mais qu'on se retrouve à faire par un curieux hasard de circonstances sinon mauvaises tout au moins étranges , burlesques voire absurdes.

 

A savoir:

 

First story

 

Hier, à 22h17, quand tout homme normalement constitué est soit devant sa télé, soit au pieu avec une bon bouquin, ben moi, j'étais tout en haut du toit de ma maison qui est une maison très haute. Flash Back: Depuis mon studio, je monte sur l'escabeau, passe par le vélux, rampe sur le fibro recouvert de tuiles de ma grange, grimpe maladroitement sur les ardoises du toit super pentu de ma maison, j'escalade la cheminée en briques méga large, haute et imposante. J'ai un bonnet de laines sur la tête, des gants de jardinage, un pulle en laine, un pantalon Johnny Clegg et une paire de Converse basse verte.

But why me direz-vous?

a- Je viens de regarder en streaming un vieil épisode d'Arsène Lupin, je suis somnambule et je prends ce qui traîne dans ma penderie et avec classe et nonchalance décide de me la jouer gentleman cambrioleur.

b- Pour la deuxième année consécutive, un nid d'abeilles tentent de s'installer dans la cheminée de la chambre de mon grand, je décide de bâcher celle-ci avec un grand sac poubelle et deux tendeurs (échouant lamentablement au passage je le précise).

c- J'aime le raggamuffin et je veux crier ma joie et ma passion dans tout Curzon.

 

Ceux qui ont répondu b- ont gagné un an d'abonnement gratuit au magazine FITM (folk in th e marais) qui a le mérite de ne pas encore avoir vu le jour mais qui aura pour couverture de son numéro 1 Monsieur Pyl, chef de file incontesté du mouvement underground du dit-marais. Et ça, ça n'est pas rien.

 

Second Story

 

- Et on se commande une tablette graphique pour faire de la BD ou des supers dessins par ordi?

- Oh oui, oh oui!!!

[Commande, réception,  déballage]

[reprise du dialogue]

  - Et on se l'installe?

- Oh oui, oh oui!!!

- Et on suit le tutoriel pour apprendre à s'en servir?

- Oh oui, oh oui!!! 

[deux heures passent]

- Et... C'est pas un peu chiant là les explications?

[Silence, une heure passe]

- Et mais ça a l'air trop compliqué, c'est stressant en plus et puis on n'y arrivera jamais en fait... Et puis ça marche pas... Et puis j'comprends rien à photoshop de toute façon... Euh... On le renvoie du coup?

- Ben oui!!!

 

Et voilà, c'était l'histoire de la tablette graphique, un truc moderne pas fait pour nous donc (un de plus)... Ci-dessous, le seul dessin conçu à la tablette histoire de dire qu'on s'en est servi... Youpi!!!

 

Dessin-tablette.png

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5 juin 2012 2 05 /06 /juin /2012 17:54

Samedi.

Hier, vendredi donc, il y avait une expo vente chez moi:

Une expo vente de sacs pour nanas, de chaussures pour enfants que kiffent les nanas, de savons pour tout le monde mais que les nanas achètent, de petits hauts (appelés "tops") pour nanas et de bouteilles d'apéros pour nanas (parce que les mecs ne boivent que du Ricard, c'est connu!!!). Il y avait donc du monde chez moi et comme vous l'aurez deviné, il n'y avait que des nanas.

 

D'où cette question légitime posée en mon for intérieur: Je reste ou je fuis? Et bien vous le saurez en lisant la suite du récit palpitant qui paraîtra le lendemain matin du jour où il a été publié!!! Tatatata!!!

 

Lendemain matin du jour où il a été publié / Suite du récit palpitant (oui comme je vous devine complétement accroc, les nerfs en pelote et suant à grosses gouttes, les yeux rivés à votre écran vous exclamant: "Oh Grand Dieu non, il ne va pas nous faire ça!!! L'intrigue était à son comble, le suspense à son maximum bamboule et il nous laisse là dans cette attente intolérable nous obligeant à retourner suivre le cours de notre vie misérable et sans intérêt quand lui s'offre chaque jour des aventures plus extraordinaires les unes que les autres", oui, comme je vous devine dans cet état donc disais-je et comme je suis plutôt gentil de nature, j'use d'un procédé littéraire des plus habiles et sans aucun respect pour la linéarité du temps, je passe directement au lendemain matin du jour où j'ai publié ce récit palpitant.

 

Je reste ou je fuis?

Non parce qu'évidemment, je peux rester. Un homme seul au milieu de tant de femmes toutes plus désirables les unes que les autres (je romance...), d'aucun aurait choisi de passer la soirée en une si agréable compagnie... Même s'il convient de préciser que ces demoiselles (enfin dames aussi) ont toutes été invitées par ma charmante compagne et du coup, comme dirait Dédé, ça limite pour choper (ah ben c'est fin ça, je tiens une de ces formes moi!!!)...

Mais alors quelle idée de fuir? Je reprends... Pour ceux qui ne suivent pas ou ne veulent pas comprendre... Une soirée entière AVEC DES FILLES??? Vous me suivez là??? Bon, en écrivant ces lignes, je sais me mettre à dos la gent féminine au grand complet que j'entends déjà comme un écho dans le lointain me rudoyer "Oh l'autre, il nous prend pour qui là? Il ne va pas tarder à nous dire que dans les soirées filles, ça danse devant Dirty Dancing, ça pleure devant Ghost et ça finit un verre de Baileys à la main en hurlant les paroles des "Yeux revolvers" de Marc Lavoine!!! Clichés!!! Faut sortir un peu!!! On a lu autre chose que Marc Levy!!!". Du coup, ne souhaitant pas tomber dans la facilité de propos et d'idées bassement misogynes et vu que je n'ai pas lu Marc Levy, ben je suis resté...

Et et et... Ben ce fût une très belle soirée d'été, nous avons écouté du Django Django, du Diego el Cigala et du Syd Matters, nous avons discuté en vrac et sans transition de la difficulté d'arrêter de fumer (mais bon, je suis non-fumeur donc j'étais plutôt dans l'écoute), des restos bios sur la Roche sur Yon, de l'organisation de la randonnée des Magnils Reigniers et de la mise en route d'un chantier de construction de maisons en paille, nous avons sué en plein soleil sur la terrasse regrettant de ne pas nous être installé à l'ombre dans le jardin, nous avons bu de la mélisse préférant la fraise pour certains, le citron pour d'autres (même si je ne suis pas sûr d'avoir goûté le citron), nous avons laissé les gosses courir un peu partout, mettre le bazar et se coucher tard, ce qui fait de nous d'excellents parents conscients et responsables, nous avons échappé une fois encore mais juste quelques heures au temps qui court et court toujours et je me suis dit que la vie se devait d'être comme une chanson, légère, inutile , fragile mais précieuse, insondable et mystérieuse.

Non, il n'y avait pas de tupperware à cette soirée tupperware. On s'en passe somme toute assez bien.

 

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